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À Marseille, les premières doses d’un vaccin thérapeutique contre le VIH ont été injectées à des patients dans le cadre d’un essai clinique ; Il faudrait attendre plusieurs années pour qu’un tel vaccin puisse être commercialisé, mais cette solution thérapeutique paraît désormais envisagée.

Par Pedro Lima, le 18/04/2013

Le 8 avril dernier, au centre d’investigation clinique de l’hôpital de la Conception à Marseille, deux patients infectés par le virus VIH ont reçu la première dose d’un vaccin thérapeutique, dans le cadre d’un essai clinique destiné à valider son efficacité. Les injections vont se poursuivre au rythme de trois nouveaux patients par semaine, pour atteindre un total de 48 volontaires, répartis en quatre groupes : trois groupes recevront trois injections du vaccin à des doses différentes (11, 33 et 99 microgrammes de principe actif), le quatrième recevra un placebo. Objectif de l’essai, autorisé le 24 janvier dernier par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) : vérifier que, trois mois après la fin du traitement, le virus aura été contrôlé dans l’organisme et ne resurgira pas de plus belle, sous la forme d’un rebond viral. Pour valider cet effet bénéfique, les patients devront cesser leur traitement antirétroviral, ou trithérapie, pendant deux mois à l’issue des injections.

La cible : la protéine Tat

Les atouts de Tat Oyi

Portrait de Tat Oyi

La spécificité de cet essai clinique de vaccin thérapeutique anti-VIH, le seul en phase 2 actuellement en France (trois autres sont en cours à travers le monde) : il cible une protéine, appelée Tat (pour transactivating), qui protège l’accès, chez les personnes séropositives, des cellules infectées par le VIH et empêche ainsi leur système immunitaire de les attaquer. Pour contrecarrer cet effet néfaste de la protéine Tat, le vaccin mis au point depuis une quinzaine d’années, contient une protéine synthétique, dite Tat Oyi, qui correspond à un variant de la protéine ciblée. L’objectif est d’activer, grâce à Tat Oyi, le système immunitaire contre Tat, et de lui permettre ainsi de neutraliser Tat grâce à des anticorps. L’intérêt serait de pouvoir renoncer au recours aux trithérapies, dont les effets secondaires sont nombreux.

En cas de succès de cette première étape, une deuxième phase fin 2016 visera à diminuer la trithérapie selon les données de chaque patient en passant de 7 à 4 jours par semaine, (soit 30% de diminution) ou même de la stopper tout en surveillant le rebond virémique.

Les atouts de Tat Oyi

Si les chercheurs et les médecins restent très prudents, le vaccin, dont la fabrication a été confiée à l’entreprise Biosantech, présente plusieurs atouts. Les études menées sur le macaque ont ainsi montré sa capacité à contrôler l’infection, et semblent par ailleurs indiquer qu’il pourrait également avoir un effet préventif. Autre atout : pendant toute la phase de recherche fondamentale, le variant Tat Oyi a montré une étonnante capacité à reconnaître toutes les formes, très variées, de la protéine Tat. Premiers résultats attendus, dans une revue spécialisée, au mieux à la fin de l’année 2014. Les derniers résultats ont été publiés en Avril 2016 : cliquez sur ce lien pour accéder à la publication d’ avril 2016 dans la revue scientifique RETROVIROLOGY .

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